FAMILLE ET ENFANCE AU CHATEAU DE JAVIER (1506-1525)

Le château.

Situé sur un haut rocher, il est d’origine médiévale et fut édifié pour se défendre contre les Maures et protéger la zone frontière avec le Royaume d’Aragon. Il servait à la fois de demeure, chapelle et forteresse avec ses écuries, ses grosses tours et ses créneaux.
Depuis la tour centrale de Saint Miguel on pouvait voir l’abbaye de Santa Maria et le cimetière.
En , les castillans s’emparaient du Royaume de Navarre quand Javier avait 6 ans. En 1515, son père meurt. Ses frères se révoltent en prenant les armes l’année suivante et par châtiment, le cardinal Cisneros fait abattre les créneaux et tours du château.

La famille.

Le père, Juan de Jaso y Atondo est noble, cultivé, il faisait partie du Conseil Royal.
La mère, Maria de Azpilcueta y Aznarez, était originaire du Baztan, héritière du château de Javier et de la tour de Azpilicueta. Elle mourra quand Javier étudiait en France.

Ses frères et sœurs.

- Magdalena, dame d’Isabelle la Catholique. Religieuse au couvent es Clarisses de Yaundéa mourut comme une sainte.
- Ana mariée à Diego de Ezpeleta, seigneur de Beire.
- Miguel de Javier, fils héritier du château, marié à Isabelle Goñi et Peralta.
- Juan de Azpilcueta marié à Juana de Arbizu et en deuxièmes noces à Lucia Aguirre.
Francisco Javier nait le 7 Avril 1506, baptisé par D. Miguel de Azpilicueta, abbé de Javier dans la paroisse de Santa Maria.

Exposition à Saint-Jean-Pied-de-Port en 2000 sur SAINT FRANÇOIS XAVIER

LE JAPON AU XVIème SIECLE

Prenez garde à vous, japonais, vous qui adorez comme des dieux, des êtres que Dieu créa pour servir les hommes. C’est ainsi que Anjiro voyait ses compatriotes après avoir reçu le baptême à Goa sous le nom de Paulo de Santa fe.

Un pays isolé

Le Japon avait une civilisation bien particulière aux racines millénaires, construit sur un immense archipel protégé par la mer. Ce pays avait des relations surtout avec la Chine, bien qu’irrégulièrement depuis 1523.

Anarchie féodale

Depuis 1467 le Japon vivait dans l’anarchie politique et militaire. Il y avait un empereur dont le pouvoir était nominal car il existait un gouvernement " shogun " avec un chancelier qui, au milieu du XVIème siècle ne gouvernait pas non plus sur tout le teritoire japonais. En fait, le pouvoir était partagé entre les seigneurs féodaux " daimyos ". Ils étaient plus de 200 mais seuls une vingtaine appartenait à une catégorie supérieure.
L’anarchie féodale affaiblissait le Japon et le maintenait impuissant bien que le commerce extérieur et la diffusion du christianisme furent favorisés.
Les daimyos du littoral méridional voulaient faire commerce avec les portugais qui étaient arrivés au Japon en 1543 par hasard et ils toléraient la présence des missionnaires. S’il y avait un problème avec un daimyo, un autre le remplaçait pour favoriser toujours les relations commerciales et les armes nouvelles que les portugais apportaient.

Peuple cultivé

C’était une civilisation cultivée et les religions bouddhiste et shintoïste avaient de grands monastères où les moines bonzes étaient des maîtres religieux et intellectuels.

JAVIER AU JAPON : KAGOSHIMA, YAMAGUCHI, KIOTO (1549-1551)

Le 15 avril 1549 Javier partit de Goa dans un bateau portugais pour le Japon accompagné du frère Juan Fernandez, le père Cosme de Torres, Anjiro et ses deux serviteurs : le chinois Manuel et Amador le malabar. A Malaca il dut emprunter une jonque à un pirate chinois pour continuer son voyage. Ils contournèrent les côtes d’Indochine, au milieu des tempêtes et des typhons, fuyant d’autres pirates et arrivèrent à Kagoshima le 15 août 1549.

Les débuts à Kagoshima

Ils y restèrent 1 an après avoir obtenu l’autorisation du daimyo de Satsuma. Javier fut surpris du haut niveau intellectuel et moral du peuple qui l’assaillit de questions.

De la prédication publique au dialogue personnel

Il commença à prêcher dans la rue mais plus tard il opta pour des visites, des échanges plus personnels où il apprenait la profondeur de l’âme japonaise.
C’est à force de discussions, de disputes, d’explications que Javier obtenait des conversions et les premiers à devenir chrétiens furent ceux qui s’étaient le plus opposés à eux lors des discussions.

Voyage à Kyoto (autrefois appelé Miyako)

L’empereur l’autorisa à se rendre à un autre pays après un an de prédication. Traversant Hirado, Yamaguchi et Sakay au milieu de l’hiver et des dangers, il arriva à Miyako (aujourd’hui Kyoto) où résidaient l’empereur et le shogoun. Ce fut un grand échec : la ville était ruinée par la guerre et on ne le reçut pas.

Le fruit de Yamaguchi : une communauté chrétienne fervente.

Il revint à Yamaguchi et obtint l’autorisation du daimyo pour prêcher : un demi-million de chrétiens en 9 mois (janvier - septembre 1551) et la formation d’une communauté fervente. Il resta 3 mois sur les terres du seigneur de Bungo puis revint à Goa sur un navire portugais (novembre 1551 – janvier 1552)

ÉTUDIANT ET PROFESSEUR À L'UNIVERSITÉ DE PARIS (1525-1536)

En 1521, Miguel et Juan, les frères de Xavier, se soulèvent en faveur d'Henri II d'Albret, fils des derniers rois de Navarre et aident les armées françaises qui pénètrent en Navarre. Ils participent à la défense du château d'Amaiur ( juillet 1522 ) et de celui de Fontarrabie.
C'est là qu'ils se rendent et obtiennent le pardon de Carlos V d'Espagne, qui leur rend privilèges, droits et honneurs ( février 1524 ).

Etudes universitaires : Maître ès Arts (1530).

François Xavier ne sera pas soldat comme ses frères, il veut comme son père faire des études. En 1525, à 19 ans, il décide d'aller à l'Université de Paris. Il entre dans le collège de Santa Barbara et après avoir fait ses Humanités il étudie à la Faculté des Arts et Philosophie pendant 4 ans. Au début de l'année 1529 il obtient le titre de o Bachelier " et en mars 1530 réussit la Licence, devenant Maître ès Arts.

Les ambitions d'un jeune professeur.

Maître François débute comme professeur de philosophie ïau collège DormansBeauvais tout en suivant les cours de doctorat en Théologie. En 1531, il fait une demande aux tribunaux navarrais pour qu'ils reconnaissent sa condition de noble et qu'ils lui permettent d'arborer le blason familial. Xavier songe suivre un parcours universitaire et religieux et rêve d'occuper de hautes fonctions.

JAVIER, SAINT PATRON DE LA NAVARRE ET DES MISSIONS

L’impact de quelques lettres qui parcourent l’Europe pendant sa vie, les lettres de Javier se répandaient en Europe comme une traînée de poudre. Depuis le Pape Paulo III et les cardinaux de la Curie Romaine jusqu’aux simples citoyens portugais qui les écoutaient leurs lectures dans les églises, en passant par les jésuites, les universitaires de Paris, etc..
En Espagne elles parcouraient les villes de Madrid, Tolède, Valladolid, Alcala, Calahorra, Pamplona, Roncesvalles, Cartagena, Perpignan, Séville..... Juan III de Portugal les remettait aux monarques espagnols...



Saint et Saint patron de sa région.

Sa renommée de sainteté dans tout l’Orient fit que le processus de proclamation fut initié dès 1556. Après de nombreuses demandes du Japon, de l’Inde, du Portugal et d’Espagne en 1610 on commence le processus de béatification. Le 25 octobre 1619, le pape Paulo V le déclare bienheureux.
Le 12 mars 1622, le pape Grégoire XV le proclame saint ainsi que Saint Ignace de Loyola, Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, Saint Isidoro Labrador et Saint Felipe Neri.
En 1622, la Navarre le choisit comme saint patron, titre qu’il partage avec San Fernand depuis 1657. En 1985, le Parlement de Navarre le qualifia " d’exemple, de héros humain et intellectuel, à l’humeur aventurière et au grand dévouement. Un homme qui ne se décourage pas face aux difficultés ni aux efforts pour parcourir les zones les plus éloignées de la terre. C’est le prototype du navarrais universel ouvert aux cultures et aux peuples du monde entier, admiré et remémoré encore aujourd’hui par la communauté dans de nombreux pays de tous les continents ".

Patron des missions et homme universel.

La dévotion à Javier augmenta dès 1633 avec la célébration de la Neuvaine de la Gracia. En 1748 le pape le nomme saint patron d’Orient.
En 1927 Pie XI le proclame saint patron de toutes les missions catholiques.
Dans les 5 continents aujourd’hui de nombreuses paroisses, des collèges, des universités et des centres de tout genre portent son nom.

MODELE ET PATRON DES MISSIONS

1/ Il vit l’appel, le choix et l’envoi comme un don de Dieu.
2/ Son intérêt est dans ces paroles du Seigneur :
" Allez de par le monde entier et faites des disciples, prêchez l’évangile, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint esprit et sachez que Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ".
3/ L’obéissance à son évêque et au Pape guide sa vie.
4/ Il rend une dévotion particulière à la Trinité, l’Eucharistie, la Vierge et le Crucifix.
5/ Il s’identifie à la mission de la Compagnie de Jésus.
6/ Il s’attache surtout aux soins des malades et des prisonniers.
7/ Il crée et organise de nouvelles communautés d’Eglise.
8/ Il choisit de bons collaborateurs.
9/ Il fonde un séminaire indigène à Goa.
10/ Il ouvre le dialogue avec d’autres religions.
Il rédige de petites prières et des cathéchismes.

Caractéristiques spirituelles.

- La joie et l’humilité.
- Le sentiment de sa misère et pauvreté.
- La solitude de la Compagnie.
- La confiance en Dieu le Père.
- Le service discret et désintéressé
- La patience et la délicatesse personnelle.
- Le fait d’être proche de tous : des puisants et des humiliés.
- L’obéissance.
- La pauvreté.
- La chasteté.

JAVIER MEURT À SANCIÁN, AUX PORTES DE LA CHINE (1552) ET EST ENTERRÉ À GOA

Provincial des jésuites en Orient.

Saint Ignace avait créé la Compagnie des jésuites d’Orient, indépendante de celle du Portugal et Javier fut nommé provincial. Après avoir réorganisé le collège de Goa et résolu des questions de gestion, Javier repartit sur mer le 17 avril 1552.

La Chine, clé du Japon.

Il voulait convertir la Chine pour que la foi triomphe aussi au Japon. Il espérait que les chinois et les japonais renoncent aux idolâtries pour adorer seulement Dieu et Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes.

Echec de création d’une commission officielle au nom du roi du Portugal afin que les navires portugais entrent dans un port chinois.

Abandonné devant les portes fermées de la Chine.

En septembre 1552 il arriva à Sancian, une île proche de Canton où s’installaient les commerçants portugais pour faire des affaires avec les chinois. Par crainte de représailles et de la prison, aucun portugais ne se risquait à conduire Javier jusqu’au Continent. Attendant un navire chinois (qui n’arriva jamais), abandonné par presque tout le monde sauf par Antonio de Santa Fe et Cristobal, Javier tomba malade le 21 novembre.

Mort à Sancian le 3 décembre 1552 sur une cabane de la plage, devant les côtes chinoises.

Ce n’est que plus tard que son corps intact fut transporté à Malaca (1553) puis à Goa (1554) où il repose aujourd’hui.

LA COMPAGNIE DE JESUS : UN NOUVEL IDEAL DE VIE

1538 : Ignace de Loyola et ses disciples s’installent à Rome où ils s’occupent des pauvres. Création de la Compagnie de Jésus et Javier est le secrétaire d’Ignace.
En 1539 le Pape Paul III approuve le projet.

Le style des Jésuites.

1/ Le livre " Ejercicios Espirituales " (Exercices spirituels) propose la rencontre avec Christ et son service.
2/ L’idée de " Compagnie " : un groupe uni par l’amour et l’obéissance même dispersé dans le monde.
3/ Faire tout pour la gloire de Dieu.
4/ Aimer et faire servir le plus petit. Obéir au Pape.
5/ Rechercher la volonté de Dieu avant toute chose.
6/ Contemplatifs dans l’action. Agir au nom de Dieu. Convertir l’action en prière.

"San Francisco Javier con la cruz" Lopez Furio Segunda mitad siglo XX Madera 180x80 cm
Parroquia San Firmin, Pamplona

LE PAPE ET LE ROI DU PORTUGAL L’ENVOIENT EN ORIENT (1540-1541)

L’élection de Javier

La renommée des Jésuites dépasse les frontières et le roi du Portugal Juan III (1521-1557) demande des missionnaires pour l’Inde. Deux sont élus par le Pape Paulo III mais l’un tombe malade la veille du départ. Javier le remplace immédiatement. Le 14 Mars 1540 on lui annonce la nouvelle et le lendemain, il part en direction de Lisbonne avec seulement son bréviaire, quelques écrits et un peu de linge. Il traverse l’Italie, la France et l’Espagne accompagné par l’ambassadeur portugais sans s’approcher de la Navarre pour ne point se dévier de sa mission.
Dans la Cour de Lisbonne : le roi Juan III devient ami de deux prêtres Jésuites Javier et Simon Rodriguez, exerçant à Lisbonne. Il veut qu’ils restent dans la capitale et qu’ils fondent des maisons de la Compagnie. Martin de Azpilicueta essaie aussi de retenir son neveu Javier. Mais la décision est irrévocable : Rodriguez reste au Portugal et Javier va en Inde.

UN VOYAGE LONG ET PENIBLE JUSQU’A L’INDE (1541-1542)

Messager du pape pour tout l’Orient

Après un an dans la Cour du Portugal, Javier s’embarque le 7 Avril 1541, à 35 ans, vers l’Inde. Il est nommé Nonce Apostolique pour tout l’Orient, Mozambique, Melinde y Socotora.
Pendant 40 jours, ils subirent la chaleur suffocante et l’absence de vent dans les eaux équatoriales du Golfe de Guinée ; ils contournèrent le Cap de Bonne Espérance et arrivèrent an août au Mozambique où ils restèrent 6 mois. Pendant ce temps, Javier accompagna les malades des hôpitaux ainsi que les pauvres.
En février 1542 il partit en direction de l’Inde. Ils accostèrent le Royaume de Melinde et l’île de Socotora. Là, Javier commença à prêcher aux jeunes communautés chrétiennes qui vivaient la domination des musulmans. En mai 1542 il apercevait les côtes de Goa, 13 mois après son départ de Lisbonne.

Conditions du voyage en bateau.

- Ils dormaient sur un hamac, jour et nuits, exposés aux intempéries.
- Ils mangeaient des biscuits, de la viande et du poisson en saumure. Ils buvaient du vin et de l’eau. La salaison des aliments provoquait des inflammations des gencives et beaucoup ne pouvaient ni manger, ni boire et mourraient ainsi.
- Les eaux calmes immobilisaient le navire. La sueur et la chaleur produisaient des maladies nombreuses.
- Le pire c’était la soif. A cause de la chaleur, l’eau s’altérait dans les citernes.
- Le mal de mer, les maladies contagieuses et l’eau contaminée étaient facteurs de mortalité.
- Les tempêtes mettaient en danger les navires surtout près du Cap de bonne Espérance.
- Toutes ces circonstances faisaient que de nombreux navires et de nombreux marins n’arrivaient jamais à bon port.

JAVIER FACE AUX AUTRES RELIGIONS

Le feu intérieur.

Prêcher la foi chrétienne fut le moteur de sa vie. Il alla même critiquer la belle vie des universitaires européens plus soucieux de faire fleurir les lettres que la volonté...

Brahmanes hindous : bonzes bouddhistes et shintoïstes.

Javier se confronta à ces trois groupes religieux. Il eut peu de relations avec les musulmans. Il eut de bonnes relations avec les hindous, les brahmanes qui le soutenaient. Même lorsqu’il ne partageait ni les idées ni le comportement des bonzes japonais, bouddhistes ou shintoïstes, il put avoir de bonnes relations et un dialogue ouvert avec eux. En particulier avec un certain Ninshitu, savant de 80 ans, sorte d’évêque parmi eux.....

MISSIONNAIRE EN INDE (1542-1545)

Goa, début et centre de sa prédication.

Goa, capitale des terres portugaises d’Orient où résidaient le vice-roi et l’évêque. Javier y séjourna les premiers mois de son séjour en Inde. Il s’occupa des malades des hôpitaux, pratiqua la catéchèse avec des chants et prières, acheva les travaux du Collège de Santa Fe.....

Pêcheurs de perles.

En octobre 1542 il prêcha vers les côtes du sud de l’Inde, terres habitées par les pêcheurs de perles. Ces personnes répondirent favorablement et amplement à l’évangélisation de Javier.
Des siècles en avance sur son temps, il forma des laïcs responsables dans l’Eglise : des catéchistes pour enseigner la foi, baptiser les enfants, s’occuper de l’Eglise.. Il créa un catéchisme qui fut en vigueur pendant deux siècles. Il fut considéré comme un père par les pêcheurs de perles, témoins de son amour et de son dévouement.

Les côtes du Sud de l’Inde et de Ceylan.

A Travancor il baptisa 10.000 personnes en un mois. En 1545 il passa 5 mois à Ceylan. Il parcourut toute la côte occidentale de l’Inde et une partie de la côte orientale jusqu’à Santo Tomé où se trouvait la tombe de l’apôtre Saint Thomas.

VERS LES ILES MOLUQUES ET LE SUD EST ASIATIQUE (1545-1549)

Javier profite des terres en possession des portugais ainsi que de leurs voyages pour prêcher. Pendant 4 ans, il ira vers le Sud-Est de l’Asie en constant va et vient et en alternant des séjours à Goa. C’était la Terre des Epices.

De Malaca à Amboina et Céran.

La ville de Malaca fut le centre de ses voyages, au cœur des relations entre l’Océan Indien et l’archipel malais. Malgré de nombreuses conversions il ne put rien faire pour freiner la mauvaise vie de nombreux portugais.
En février 1546 il arriva à l‘île d’Amboina. En voyage à l’île voisine de Céran, terre de chasseurs de têtes, il perdit son crucifix lors d’une tempête en mer. En débarquant, un crabe surgit des eaux, le lui rendit.

Dans les îles des Epices : Ternate et l’île del Moro.

Il se dirige vers le Nord à la recherche des îles des Epices, terre où la religion musulmane s’étendait depuis le XV ème siècle. Il y passa presque un an (juin 1546-avril 1547) à Ternate et sur l’île du Moro. Il y connut les dangers des chasseurs de têtes humaines, ceux des musulmans lors de ces voyages parmi les 30 villages chrétiens.

Un homme issu des terres étranges : le japonais Anjiro.

Entre juin et décembre 1547 il résida à Malaca. Il y connut un japonais Yahiro ao Anjiro, un samouraï qui avait commis certains crimes et qui avait été obligé d’abandonner son pays sur un navire portugais. Anjiro et deux serviteurs étudièrent le portugais et servirent d’interprètes à Javier de retour à Goa. Il vécut un an à cheval entre la capitale et ses visites aux pêcheurs de perles et à Cochin pour consolider l’évangélisation réalisée es années auparavant.

DISCIPLE D'IGNACE DE LOYOLA (1533-1537)

En 1529 il fait la connaissance d'un nouveau camarade de chambre, Ignace de Loyola, un étudiant gipuzkoar âgé qui avait été blessé à Pampelune en 1521 et qui essaie d'enrôler Xavier dans la congrégation de frères qu'il a l'intention de créer. Devant les ambitions de Xavier, Ignace pose cette question primordiale : " A quoi sert-il à l'homme de gagner le monde entier s'il perd son âme ? " (Mt. 16, 26). François Xavier se convertit, décide de renoncer à ses ambitions et de consacrer sa vie à Dieu ( 1533 ).
Les voeux de Montmartre (1534).
Ignace forme un groupe d'amis universitaires : le français Pierre Fabre, Xavier, le portugais Simon Rodriguez, et les castillans Diego Lainez, Nicolas Salmeron el Nicolas Bobadilla. Le 15 août 1534, dans la chapelle de Montmartre, tous font voeu de vivre dans la pauvreté, la chasteté et de se rendre en pèlerinage en Terre Suinte, et s'ils reviennent de là--bas, d'obéir le Pape quelle que soit la mission. Le mois suivant, Xavier commence ses Exercices Spirituels.
Il renonce à ses ambitions et voyage en Italie.
Maître François obtient le titre de noblesse demandé et on lui offre la charge de chanoine de la Cathédrale de Pampelune mais il renonce à ses précédentes ambitions pour lesquelles il n'est plus du tout attiré. En novembre 1536, Xavier et ses compagnons quittent Paris pour se rendre à Venise et s'embarquer en pèlerinage en Terre Sainte. Ils traversent à pied la France, l'Allemagne, la Suisse et le Tyrol au beau milieu des rigueurs de l'hiver et arrivent à Venise en Janvier 153 7.
Un prêtre zélé.
En attendant le départ du voyage, ils se répartissent dans les hôpitaux ; François se rend à l'Hôpital des Incurables. En juin, il est ordonné prêtre à Venise et plus tard, il se rend à Bologne où il prêche, confesse, enseigne la doctrine tout en travaillant dans les hôpitaux...., se donnant ainsi sans relâche à sa mission de prêtre.