Les 12 et 13 Mars 2005 ont eu lieu les "Assises Nationales de la Mobilité Étudiante" à Strasbourg :

"Week-end organisé par le Centre Bernanos (aumônerie des étudiants de Strasbourg), en partenariat avec l'UDEES (Union des Étudiants Étrangers de Strasbourg)

Objectifs :
(texte indiqué sur la feuille d'inscription)
"Au cours de ces assises , nous voulons nous poser la question des mutations qui transforment nos sociétés et celle de notre avenir au coeur de la mondialisation qui se met en place actuellement.
Ensemble, riches de nos origines et de nos diversités culturelles et religieuses, nous voulons réfléchir, échanger, débattre afin de mieux participer dès aujourd'hui aux divers changements qui bouleversent nos sociétés"

3 Personnes de l'aumonerie des Étudiants de Bayonne participèrent à ce week-end :
- Clément Tisseuil
- Alexandra Darzac, étudiants,
- et Philippe Dumont (responsable de l' aumônerie des étudiants)

Compte rendu des 12 et 13 mars pour les 5° assises de la Mobilité Etudiante à Strasbourg

Clément: La route fut longue en un week end, les crispations du corps, les impatiences… Et pourtant, Strasbourg nous accueillait chaleureusement pour ces 5° assises de la Mobilité Etudiante , organisées par la Mission Etudiante Catholique de France (MECF). Philippe notre aumônier, Alexandra et moi-même représentions valeureusement l’aumônerie des étudiants de Bayonne…Que de bonheur en condensé, densité de fraternité et d’Amour vrai…

Le train pointait son bout du nez, en provenance d’un Sud lointain.
Enfin installés rassurés, d’être en route vers notre chemin,
Quelle folle nuit nous attendait, nous fait rire quand on y repense.
Fallait bien que ça tombe sur lui, à notre Philou des plus patients,
Un grand monsieur nerveux à souhait, se calmait sur notre aumônier.
Alex et moi compatissant, ne pouvions que rire en silence,
Situation grotesque mais drôle, Philippe lui ne rigolait pas.
La nuit fut longue et chahutée, le sommeil ne voulait venir,
Hormis pour Clément le veinard, qui dormait comme une marmotte.

A six heures au joli matin, changement de train à Lyon,
Strasbourg s’approchait patiemment, à petit train jusqu’à midi.
Enfin arrivés et contents, nous fûmes chaleureusement accueillis,
Nous rejoignions tous ces amis, au rendez vous de l’amitié.
Après collation méritée, Strasbourg superbe en Bateau Mouche,
Visite d’une ville comblée d’histoire, promenade libre et reposante.
En soirée la célébration, nous unissait à un seul Corps,
Comme c’était beau et si vivant, une vraie famille réunie.
Soirée festive et enivrante dans le sang de nos cousins noirs
Qui embaumaient nos cœurs de rêve, de danse et de mystère en fête
Nous avons tellement partagé, un simple instant d’éternité…

Repos mérité s’en suivit, dans un lit tendre et bien moelleux
Merci à cette famille qui nous offrit leur hospitalité
Le lendemain très rapidement, fila comme poussière au vent
Après partage en petits groupes, sur différentes réalités
De la famille à la santé, du modernisme à l’intégrisme
Nous repartions fidèlement vers notre tendre et chère ville
Bayonne attendait patiemment, nos cœurs chargés de bons moments
Expédition folle à souhait, des souvenirs au bord du cœur.

Clément Tisseuil

Alexandra: Etudiante en droit à la faculté de Bayonne, j'ai été très contente de participer aux 5e Assises Nationales de la Mobilité Etudiante à Strasbourg durant le week-end des 12 et 13 mars 2005.
Pour ma part, ce fut un week-end très enrichissant sur les plans culturel et surtout humain avec un accueil très chaleureux de la part des organisateurs et à travers le mélange des origines de chacun. En effet, quels que soient nos différences et les kilomètres qui nous séparent, un élan commun vers l'autre nous animait et nous poussait ainsi à mettre en pratique le sens du mot "mobilité".
Malgré les aléas et les changements imprévisibles du temps (neige!!), j'ai pu découvrir la très belle architecture de cette ville à l'occasion d'une promenade en bateau-mouche avec ses monuments non moins célèbres tels que la Cour Européenne des Droits de L'Homme, le Parlement Européen sans oublier la cathédrale ou encore le Palais de l'Université.
Autant la famille d'accueil que les responsables de ce week-end ont fait preuve d'une grande hospitalité. .
C'est avec plaisir et curiosité que j'ai été amenée à échanger avec d'autres étudiants des quatre coins du monde sur leurs coutumes, les études, ou encore leur manière de vivre leur foi...

J'ai assisté à deux ateliers; le premier concernait les progrès de la génétique et les questions d'éthique, il était animé par Alain Lescure biologiste moléculaire chercheur au CNRS.
Comment ne pas se sentir concernés par les progrès de la biologie sans cesse croissants et par les nouveaux enjeux de la bioéthique? A ce propos, nous avons tous eu connaissance du cas de cette femme de 64 ans en Italie ayant subi 1 FIV, repoussant ainsi les limites d'age de la procréation.
Nous nous sommes interrogés sur les nouvelles techniques développées par la science telles que la procréation assistée permettant à un couple stérile de concrétiser un projet parental ou le clonage et ses risques non négligeables de déviance. En effet, il est indéniable que la procréation reste un don de la nature mais la maladie peut constituer un contre argument démontrant l'importance des progrès de la science. Toutefois, il convient de se demander si la biologie peut régler tous les problèmes; à ce propos il semble opportun de répondre par la négative car les avancées scientifiques, si indéniables soient-elles, ne posent pas moins des questions d'éthique et de principe auxquelles il faut faire face pour éviter tout dérapage...là la biologie n'apporte pas à elle seule LA solution mais l'ensemble de la société est concerné. Une seule réponse technique parait insuffisante voire dangereuse alors faudrait-il impliquer davantage la société civile au sein des comités d'éthique par exemple?
Prenons un exemple de maladie génétique : la maladie de Huntington; elle entraîne une dégénérescence rapide du système nerveux. Lorsqu'un membre du couple se sait porteur d'une telle maladie, doit-il alors renoncer à son désir d'enfant sachant que ce dernier a une chance sur deux de se voir transmettre le gène malade? Face à une telle souffrance réelle, la science s'avère d'un grand secours en permettant d'isoler le gene sain donnant naissance par la suite à des embryons sains. Dans un autre ordre, la myopathie touchant surtout les enfants de 12/15 ans, entraîne un écrasement de la cage thoracique les conduisant inévitablement à une mort par étouffement. Face à de telles situations, les parents sont dans une démarche de soins et on mesure combien la procréation contrôlée apparaît comme une solution à la maladie génétique. Cependant, la recherche scientifique représente un coût élevé et plus globalement implique toute une réflexion sur les conséquences de telles pratiques. Nous comprenons que des questions morales sont très fortes, qu'il ne faut pas fermer les yeux face aux risques de déviance et que toute la société est monopolisée pour trouver un contre poids à la logique économique.

L'autre atelier concernait les droits de l'homme au quotidien animé par Oliver Peyrat titulaire d'un Diplôme Universitaire "Actualité des Droits de l'Homme".
Nous avons commencé ce thème par un proverbe tibétain disant : "un jour en me promenant, j'ai vu une bête, en me rapprochant je me suis rendu compte que c'était un homme et de plus près que c'était mon frère".
Parler de droits de l'homme renvoie inévitablement à la question de la DIGNITE DES DROITS HUMAINS.
La dignité est le propre de l'homme, quelque chose d'inné dont on a en principe conscience et il y est fait expressément référence dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Dans ce texte, la dignité est présentée comme un droit naturel inaliénable et sacré. Ne parle t-on pas d'ailleurs d'une personne "adorable" parfois? Peut être par un abus de langage si l'on considère qu'il y a dans ce mot une connotation sacrée? Mais là n'est pas le débat et je vous laisse avoir votre propre opinion sur la chose.
La question de la dignité peut être abordée en vertu de la nature rationnelle de l'individu; ainsi ceux qui insultent leur prochain en réalité insultent la dignité humaine...Un tel concept existe partout dans le monde, est connue à une échelle universelle mais il n'en reste pas moins que son contenu et sa portée peuvent différer d'un pays à un autre. C'est ainsi que l'on peut distinguer les premiers dangers à ne pas accepter les différences de pensée et les autres types de coutumes de nos voisins. Certes une base doit être commune à tous pour que le concept de dignité puisse avoir un sens mais après il peut revêtir plusieurs formes et ce que certains pays considèreront comme des actes de sauvagerie voire de barbarie seront vus comme des rituels ancestraux dans d'autres traditions. Alors il faut prendre garde à vouloir forcer les autres à penser autrement...
On peut ajouter qu'un devoir de mémoire est essentiel et qu'il est bon de rappeler certains évènements de notre histoire, fussent-ils très douloureux et violents. Nous ne pouvons pas nous cacher derrière le temps qui passe pour oublier les massacres et ignominies commis mais au contraire je crois qu'il est indispensable de s'en souvenir suffisamment pour faire en sorte que de tels évènements ne se reproduisent plus Je pense par exemple à la catastrophe du tsunami en Asie : certes ici c'était une catastrophe naturelle indépendante de la volonté de l'homme mais qu'en est-il de nos comportements et attitudes actuels, des semaines plus tard, où les médias n'en font plus la une des journaux? On peut également citer l'HORREUR des camps de concentration qui a été véritablement reconnue dans toute sa dimension que de manière relativement récente : 60 ans plus tard une réelle prise de conscience aussi tardive fait réfléchir ...D'autres sujets peuvent être abordés comme la persistance de la peine de mort dans certains Etats des Etats-Unis ( y compris chez les mineurs car les Etats-Unis n'ont pas ratifié la Convention ONU sur les droits des enfants ) ou les conditions de surpopulation carcérale en France.
Enfin, certains droits sont reconnus dans des textes internationaux comme le droit à la santé et pourtant l'on sait que des disparités et des inégalités demeurent, privant certaines populations de traitements. Le droit à la vie est un des droits les plus fondamentaux; toutefois, il n'est pas possible de revendiquer le droit au bonheur devant un tribunal et pourtant n'est-ce pas un corollaire au droit de vivre?
Pour ma part, je considère que des avancées ont eu lieu au détriment de victimes des guerres ou des massacres en tout genre mais qu'il faut rester vigilants car il est dangereux de banaliser les droits de l'individu de quelle que nature soient-ils. Nous sommes tous frappés dans l'instant de ce que l'homme peut produire de pire mais il ne faut pas que l'oubli prenne le pas sur la raison.
Il convient de ne pas répéter nos erreurs pour que le prix du sang cesse d'être la seule réponse. La reconnaissance des actes les plus horribles et honteux est un premier pas vers la réparation morale; essayons de ne pas rester passifs pour que les mots "dignité humaine" résonnent/raisonnent dans tous les esprits au-delà des frontières !!!!

Alexandra Darzac