Sur les CHEMINS de SAINT JACQUES

La voie du piémont pyrénéen, le long du versant nord des Pyrénées, est parfois considérée comme une variante du chemin d’Arles.
Oubliée par Aimery Picaud, elle existait pourtant déjà. Pour preuves : l’Hôpital de Mifaget, et l’Hôpital-Saint-Blaise.

Le pèlerin n’empruntait pas une route particulière, il voyageait cherchant un accueil pour la nuit et un chemin favorable pour le lendemain.
Les passages empruntés par les pèlerins en Soule sont nombreux.

A/ De l’Hôpital-Saint-Blaise en passant par Ordiarp , jusqu’à Saint-Just-Ibarre.

Cette voie est encore empruntée aujourd’hui

De L’hôpital de miséricorde, il ne reste aujourd’hui que l’église du
XIIe siècle, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.
Ce sont les chanoines de l’abbaye Sainte Christine du Somport qui bâtirent au XIIème, une halte pour les pèlerins qui souhaitaient rejoindre Roncevaux.
Arrivés par la vallée de Josbaigt, les pèlerins trouvaient là, à la frontière historique entre le Béarn et le Pays Basque, un refuge pour la nuit avant de rejoindre Mauléon par Chéraute.

Cf : http://perso.wanadoo.fr/hopital-saint-blaise

Mauléon-Licharre

Mauléon sur la rive gauche du gave se nommait " Licharre " (frêne en basque).
Mau-léon, nom gascon (le méchant lion), désigne le puissant château fort royal perché sur l’autre rive.

Au milieu de l’actuel cimetière nous retrouvons les ruines d’une chapelle (chapelle de Berraute), vestige d’un hôpital Saint Jacques tenu par les chevaliers de Malte.
Cf : office de tourisme de Soule :www.valleedesoule.com

Ordiarp

Le village tout entier était au moyen âge une commanderie dépendant de l’abbaye de Roncevaux.
L’église Saint Michel au clocher mur surmonté d’une campanile carré, a gardé de la chapelle de la commanderie qu’elle fut d’abord, une abside semi circulaire et deux absidioles romanes avec une ceinture de corbeaux et des fenêtres voûtées, sans ornements.

A Ordiarp le pèlerin devait sûrement emprunter le chemin historique par le col d’Osquich, aujourd’hui goudronné.
Les amis de Saint Jacques ont préféré une voie alternative au sud par le col de Napale.
Traversant le massif des Arbailles, il passe dans la vallée d’Arangorena, par les bains de Garaybie (haut chemin, en basque), ancienne source thermale diurétique.
Un troisième passage contourne encore plus au sud la forêt des Arbailles par Aussurucq, la fontaine d’Ahuski et Behorleguy.

B/ Les passages par la Haute Soule

La renommée du monastère de Leyre (côté espagnol), incitaient certains pèlerins parvenus à Maulèon, à franchir les Pyrénées par la Haute Soule par le col de Sainte-Engrâce ou par le col de Larrau.

Par Sainte-Engrâce

De Mauléon, le pèlerin continuait vers Gotein avec son église remarquable :
C'est une des plus connues en Soule, car l'une des plus typiques, avec son clocher trinitaire* ou calvaire (sûrement du 17ème siècle), son escalier, qui, de l'extérieur mène à la tribune, son porche-auvent d'ardoise et son environnement harmonieux.

Tardets

La place centrale garde le souvenir de la bastide crée en 1289. Peut être certains pèlerins ont pu accomplir leurs dévotions à la chapelle de la madeleine qui existait déjà.
La croix de Laguinge, le pont des laminak à Licq-Atherey et nous voilà à un embranchement qui est aussi le confluent entre le gave de Larrau et le gave de Sainte-Engrâce. Le pèlerin avait donc le choix :

Sainte Engrâce

Etape de pèlerins, le lieu s’appelait " Urdaix "en basque avant que les moines du monastère de Leyre au XIème siècle vinrent y construire une première église de Sainte-Engrâce-des-ports, dotée d’une relique, un bras de la Sainte martyre de Saragosse.
Le bâtiment actuel, du XIIème siècle a bénéficié du travail de sculpteurs de l’école d’Oloron.
Le portail, sous un porche rustique, est orné d’un chrisme. A l’intérieur, les trois nefs en berceau sont séparées par des piliers auxquels sont accolées des colonnes cylindriques coiffées par des chapiteaux historiés.
De là le pèlerin rejoingnait le port d’Erayzé et le refuge espagnol de Belagua. Au delà on descend vers Isaba et la vallée Navarraise de Roncal.

par Larrau

Mauléon, suivre Idaux et Mendy.
L’église de Mendy a une abside semi circulaire et un clocher trinitaire ou calvaire.
Par Menditte on rejoint Ossas, le pèlerin longe là les contreforts du massif calcaire des Arbailles où ont été découvertes deux grottes préhistoriques habitées au magdalénien.

Sunhar :
L’église du XII ème siècle semble être une réplique de Sainte-Engrâce.
On y trouve un chrisme sur l’entrée sud, une abside en cul-de-four et dans le cimetière des vieilles stèles discoïdales.
A Licq-Atherey, le pèlerin se dirigeait sur la rive droite du gave de Larrau

Larrau
Le village dépendait depuis 1174 de l’abbaye de Sauvelade (voie du Puy). L’église au centre du village, rénovée en 1655, a conservé de ses origines, une abside romane. C’est plus haut, au sud de Larrau que s’élève la chapelle Saint Joseph. Là dans cette clairière s’élevait un prieuré - hôpital accueillant les pèlerins.

La croix d’Erroymendy marque un carrefour de sentiers, légèrement en dessous du col du même nom, où l’on rejoint la route d’Espagne vers Nuestra Senora de Muslikda puis Ochagavia.



Source :Les chemins de Saint Jacques en Béarn et Pays Basque de Louis Laborde-Balen et Jean-Pierre Rousset aux éditions Sud Ouest

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