Les nouvelles de PITZGARRI

CHANTIER DE SOLIDARITE AU SENEGAL

Vous en entendiez parler depuis longtemps, vous nous avez aidé, soutenu, encouragé... Et grâce à chacun de vous, nous sommes parties en Casamance, au Sud du Sénégal, du 26 juillet au 16 août dernier. J’ai eu la chance d’accompagner le groupe de 7 souletines qui s’étaient lancées dans l’aventure il y a de cela deux ans pour mener à bien ce projet.

Parties de l’aéroport de Bordeaux, nous n’étions pas au bout de nos peines arrivées à Dakar. Nous sommes descendues en Casamance en bus. La particularité du Sénégal est qu’un pays coupe son territoire en deux : la Gambie. Pays anglophone, traversé par un fleuve, le seul moyen de le franchir est un bac sur lequel s’entassent voitures, camions, marchandises et voyageurs. L’état des routes en Gambie est désastreux et étant donné la lenteur des transports, de nombreux petits vendeurs, femmes et enfants surtout, proposent toutes sortes d’articles tout au long du chemin.

Après 13 heures de voyage, nous avons été accueillies par un groupe de jeunes sénégalais(e)s de 17 à 24 ans. Nous logions à Ziguinchor, au Séminaire Saint Louis, le collège privé dans lequel enseigne l’Abbé Simon Pierre Diatta, qui vient en Soule depuis plusieurs années durant l’été.

Durant la première partie du séjour, nous avons découvert la ville de Ziguinchor, ses marchés, l’état déplorable des rues en saison des pluies, obligeant les nombreux taxis à faire des détours savants pour éviter les plus gros trous dans certains quartiers.

Quatre des filles ont eu l'occasion dès le premier week-end de faire une escapade jusqu'au Cap Skirring, sur la côte, avec Simon Pierre, un de nos accueillants. Elles sont parties en bus de brousse, dans lequel on rentre 25 personnes pour 15 places, sans compter les enfants, les mangues et les poules...

Le chantier sur lequel nous avons travaillé avec les jeunes casamançais a commencé en fin de première semaine. Durant quinze jours, nous travaillions le matin à carreler les deux réfectoires du séminaire. Nous étions pour cela aidés d’un jeune carreleur, Hassan, et de ses deux apprentis, qui nous montraient le travail à effectuer.

Le premier jour du chantier nous avons commencé par casser le carrelage précédent et nous nous sommes bien défoulées avec les pioches, les masses et les marteaux. Rude travail de force. Les jeunes qui nous accueillaient chantaient en travaillant, au rythme des pioches...

Nous avons été invitées par deux prêtres, Prosper Tendeng et Olivier Coly, à visiter la région du Bandial, un royaume qui n'a plus de roi traditionnel depuis 1973. Dans la forêt, près du fleuve Casamance, nous avons découvert les villages de brousse de Badiatte et Enampor.

Dans ce dernier, nous avons visité des cases à impluvium, des maisons rondes en banco, dont le toit est fait de paille, et qui est ouvert au milieu pour laisser entrer la lumière et la pluie. La pluie est ensuite recueillie dans un bassin au centre de la maison et utilisée pour les besoins courants. Les bois locaux de rônier et de palétuvier sont utilisés pour l'architecture et les pièces de la maison s'organisent autour de cet impluvium. C'est très beau et cette architecture garde la maison fraîche (enfin fraîche, tout est relatif, mais plus fraîche que dehors !)
Puis nous avons mangé au bol (c'est à dire à 4 ou 5 autour d'un même plat de riz et viande), à Badiatte, assis sous les manguiers.
Le temps en saison des pluies est très chaud et lourd. Il pleut tous les jours, de grosses averses mais pas très longues... Heureusement car tout s'arrête quand il pleut. Les gens ne sortent pas... On transpire dès qu'on sort de la douche. Les moustiques se sont régalés avec nos peaux tendres, malgré les litres de bombes et les moustiquaires et la turista a fait quelques ravages dans nos intestins... Mais le moral est resté au beau fixe malgré ces petits inconvénients !

Nous avons été plusieurs fois en famille, par petits groupes, une nuit, et plusieurs fois en journée, invitées par les uns et les autres pour un repas, une fête familiale, le 15 août, ou pour se faire tresser les cheveux... L’occasion de découvrir la vie quotidienne, les conditions d’habitat, et de confirmer s’il était besoin la qualité incroyable de l’accueil au Sénégal. L’hospitalité n’est pas un vain mot en Afrique. On nous donne la meilleure place pour s’asseoir, le meilleur lit, bien souvent le seul possédant une moustiquaire, le meilleur repas... Combien de fois nous sommes-nous dit que nous avions bien des choses à apprendre de cette attention constante portée à l’autre !

Plus que tout autre chose, ce voyage aura été une vraie leçon de fraternité pour chacune de nous. Découvrir en l’autre, quelle que soit sa différence culturelle, un ami ou un frère. Se laisser remuer par ce qui nous est étranger, se laisser happer par des lieux et des situations qui nous étaient jusqu’ici inconnus et auxquels on s’attache pourtant si vite, et enfin aimer et se laisser aimer par nos frères et sœurs africains.

Ce voyage, si loin de nos réalités souletines, nous a pourtant donné à voir une évidence que l’on oublie si souvent : nous sommes tous enfants du même monde, de la même terre et du même Dieu.

Renseignements Aumônerie Pitzgarri Mauléon > [email protected]