Pèlerinage à la chapelle Saint Antoine - Chapelle de la Paix

Musculdy - Col d'Osquich 09 juillet 2006

La paix pour le monde, le pays, les familles

Située à 706 mètres d’altitude et surplombant le col d’Osquich, cette chapelle est dédiée à la paix. Environ 500 personnes sont montées dimanche 9 juillet pour le traditionnel pèlerinage à Saint Antoine. La plupart en voiture, mais quelques-uns ont tenu à parcourir le kilomètre et demi séparant le col de la chapelle, à pied, comme d’autant, entre les troupeaux de vaches et de brebis.

Une messe pèlerinage forte en authenticité, vibrante de chants, qui a été un grand moment de prière pour la paix dans le monde, dans le pays et dans les familles à l’appel de Pierra Harguindéguy, fidèle au mouvement auquel il participe « Ensemble pour la Paix, elgarrekin bakearentzat », depuis la marche pour la paix à la chapelle Saint Antoine en 2003, et le 1er septembre 2005, la marche pour la paix à l’Abbaye de Belloc pour marquer le 60e anniversaire de la libération des camps de concentration et de la victoire sur le nazisme, devant la stèle du réseau Irion.
Cette chapelle Saint Antoine (de Padoue) avait été construite en 1384, par le roi de Navarre Charles le Mauvais, pour mettre fin aux querelles qui divisaient le pays en deux camps : les Luxetains et les Agramontais.

Une belle surprise attendait les pèlerins qui n’avaient pas encore découvert la chapelle Saint Antoine entièrement repeinte extérieur et intérieur par la commune de Musculdy. Elle avait subi diverses dégradations au fil des années et avait été sauvée, restaurée, réparée grâce à l’opiniâtreté du Père Harguindéguy qui avait pris la chapelle en main depuis 1983… Lors de la messe, Michel Berçaits, le maire de Musculdy, a été remercié ainsi que son conseil municipal pour cet embellissement, et c’est lui qui a lu la première lecture en basque.

Le père Harguindéguy avait préparé une homélie toute particulière pour illustrer les efforts de la paroisse envers les plus démunis dans le monde. Il avait convié Romaire, haïtien d’origine africaine, à venir témoigner de la situation de son pays.
Depuis le début de l’année 2006, la paroisse de Garindein s’est lancé dans une opération de soutien pour les Haïtiens : l’achat d’une vache pour la confier à une famille.
Haïti est un des pays les plus pauvre du monde, à titre de comparaison, le pouvoir d’achat en France de 60 fois plus élevé…
Romaire, est marié avec Isabelle, institutrice de Garindien depuis décembre dernier.
Romaire a fait des études, et même commencé des études universitaires en Sciences Eco. Et parallèlement il a travaillé pour un programme visant à sortir les enfants de la rue. C’est dans ces circonstances qu’il a rencontré Isabelle, en coopération missionnaire en Haïti….
Il commence son témoignage en évoquant l’indépendance d’Haïti en 1804, date de la première nation noire indépendante après la révolte des esclaves.
« La population est créole, un mélange entre la population d’origine, des Amérindiens, des Noirs d’Afrique amenés par les Français, les Espagnols et les Anglais ».

Misère, chômage, analphabétisme

Après les dictatures des Duvaliers, et de Jean-Bertrand Aristide , l’économie haïtienne ne se relève pas :
« Le marché étant libre, il est envahi par les produits américains, qui créent une dépendance de la population. Par exemple, le lait en poudre, les céréales, les fruits…Si bien que la production nationale est quasi-inexistante. Alors qu’avant Haïti produisait du sucre issu de la canne à sucre, des bananes et des fruits exotiques, du café, du cacao ….. »
Mais les paysans, qui n’ont plus de quoi planter ou cultiver les plantations, affluent vers les villes, faisant grossir les bidonvilles (la plus grande ville est la capitale Port-Au-Prince avec 2 millions d'habitants, suivie par Cap-Haïtien avec 600 000 habitants).

Constat amer : « 69 % de la population en âge de travailler est au chômage, 50 % de la population reste analphabète ».

Romaire poursuit : « Même au niveau des vêtements, les Etats-unis envoient les vêtements usagés (T-Shirt, chemises, shorts…) à la mode américaine, si bien que les vêtements traditionnels sont abandonnés : la confection artisanale est plus chère que les vêtements usagés américains ! Les couturières, heureusement, travaillent encore pour la confection des uniformes pour les enfants scolarisés…. »
Il y a bien quelques haïtiens vivant à l’étranger qui envoient tous les mois un peu de devises, issues de leur travail.
Les populations vivant dans la misère sont prises en charge par des Organisations Non Gouvernementales pour l’alimentation et l’instruction des enfants.
« La situation politique s’est améliorée et le peuple haïtien fonde tout son espoir sur le gouvernement, mais pour le moment rien n’a vraiment bougé… »

Tout vient de Dieu, plus on est misérable, plus on est croyant

Sur le plan religieux, les haïtiens sont extrêmement croyants : ils ont été christianisés par les missionnaires français puis espagnols, « ils sont majoritairement catholiques, quelques-uns sont protestants (influence de l’occupation anglaise puis américaine). La pratique du culte vaudou demeure très présente ».
« Quand la misère frappe, on se tourne vers Dieu pour toutes les circonstances de l’existence, aussi les prières, les chants et même le jeûne sont respectés pour demander de quoi subvenir au maigre quotidien, pour se vêtir, pour recouvrer la santé »

La Soule achète une vache pour une famille haïtienne

Depuis noël dernier, l’idée a germé dans la paroisse de faire quelque chose de concret pour la population haïtienne en vendant des loupiottes de Noël, Isabelle a proposé au Père Pierre Harguindéguy l’achat d’une vache (600 euros) qui est prêtée pendant 3 ans à une famille de paysans. À l’issu de ce prêt, la famille rend l’animal pour qu’il soit confié à une autre famille. Pendant les trois ans, elle tire son subside du lait et des veaux qui naissent (un par an).
Les habitants de la Soule ont répondu avec beaucoup de générosité car il faut dire que le projet est concret pour la plupart des Souletins et ils ont pu suivre les nouvelles de cette première vache.

Aussi cette année, la vente des lumignons lors du pèlerinage à Saint Antoine est encore consacrée à l’achat d'une seconde vache et dans quelques semaines, pour le pèlerinage du dimanche qui suivra l'Assomption de la Vierge, le 20 août, les bénéfices seront recueillis pour une troisième vache. Projets pour 2007 ? Faire venir un aumônier militaire pour la mémoire des 240 anciens combattants d’Algérie et faire poser une dalle du souvenir à la chapelle de la Paix.

Sophie Hontaàs-Romanens

Rappel historique de la construction de la chapelle en 1385

Présentation d'Haïti

Pèlerinage à la chapelle souletine Saint Antoine de

Padoue - chapelle de la Paix 09 juillet 2006

Vers 9h45 montée vers la chapelle située à 1,5 km du sommet

du col d'Osquich, petit à petit elle apparaît hors de la brume...

Des pèlerins, montant surtout en voiture, s'acheminent vers 10h

à la chapelle de Saint Antoine construite pour la paix et dédiée à saint Antoine de Padoue

Des voitures venues de Soule et beaucoup de basse Navarre, même

du Labourd, environ 500 personnes en ce 10 juillet 2006

Saint Antoine de Padoue...vénéré et prié pour retrouver bon

nombre de personnes, de choses...une constellation de lumignons!

Les galeries, majoritairement remplies par les hommes...

Accueil par l'abbé Pierra Harguindeguy, instigateur de ce pèlerinage

Animation des prières, des chants en basque principalement sur la thèmatique de la paix...

les tribunes vibrent de la puissance vocale des Basques...

1ere lecture assurée par Michel Berçaits, Maire de Musculdy

Lecture de l'Evangile, remerciement pour la rénovation de la chapelle, enfin blanche grâce à la municipalité ...

et annonce du témoignage de Romaire, après quelques mots d'homélie

Devant une assistance très attentive, Romaire décrit la situation de

son pays et la pratique religieuse de son peuple

Co-célébration avec le Père Etchebarne, bétharramite

et communion avec l'aide des laïcs...

Tableau représentant la paix au Pays basque avec la colombe de la Paix et le monde...

Photos Sophie Hontaàs-Romanens demandez les photos