Des chemins pour suivre le Christ

Une table ronde a été proposée dans l’après-midi du Dimanche des Rameaux, aux jeunes du Diocèse réunis à Hasparren pour les 21e Journées Mondiales de la Jeunesse.
Le thème de l’échange, celui du psaume 119
"Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route"

Présentation des invités par l’animatrice de la table ronde Sophie Hontaàs

SH/ Ils vont vous faire découvrir comment ils ont cheminé, parfois changé de voie, et comment sur leurs chemins, ils ont croisé la route du Christ.
Je vous les présente :

Caroline et Raphaël : une histoire d’amour, de rencontre, deux chemins pas faciles à rejoindre et parallèlement un retour vers une foi partagée de jeune couple qui va générer des engagements dans l’église.
Raphaël :Nous avons tous les deux 34 ans, je suis originaire de Nantes. Nous nous sommes rencontrés pendant nos études, mais deux mois après, je dois partir dans le Nord de la France, en stage de fin d’année et j’ai enchaîné par le service militaire. Il dit à Caroline " Si on résiste, ce sera un coup de pot ". Caroline : On a eu du pot. De retour à Nantes, il fallait trouver du travail, finalement ce sera un départ pour Bayonne et je fais le choix de suivre Raphaël….
À Bayonne, notre désir de nous unir se confirme et nous décidons de nous unir à l’église et de suivre à Biarritz une cession de préparation au mariage. Depuis, nous accueillons les jeunes fiancés de la côte basque qui désirent se marier à l’église.

SH/ Comment fait-on son chemin de jeune couple marié, de jeunes père et mère, conjugué avec la vie professionnelle, associative ?

Caroline : On n’a pas beaucoup de temps pour nous, on ne se voit pas beaucoup, les WE sont pris pour l’engagement dans l’église, c’est un choix d’avoir du temps pour partager avec les autres.
Raphaël : il y a des moments pas toujours faciles, de doute vis-à-vis de l’un et l’autre. Quand on accueille les jeunes fiancés, on leur parle aussi des écueils. Cela nous fait réfléchir et avancer. Actuellement nous prenons beaucoup de temps pour les enfants et pour le travail, nous n’avons pas ou peu de moments à soi…

Seconde invitée, Catherine

Catherine Elevée dans la foi catholique mais avec des parents pas pratiquants, à 16 ans, ils me donnent le choix d’aller le dimanche à la messe, et je choisis la " grasse mat " : plus de messe le dimanche et cela va durer jusqu’à 35 ans.

SH/Après 6 ans au Canada, elle est recrutée dans une grosse boîte informatique, elle revient en France, et elle se lance sur les chemins de Compostelle.

Catherine : à 35 ans je n’étais pas satisfaite de ma vie personnelle, alors qu’au plan des études et du travail, il n’y avait rien à dire.
Je ressentais un manque. J’étais en recherche. À Montréal, c’est l’eldorado de la religion…Pour autant rien d’était satisfaisant.
C’était la crise de la moitié de la vie, celle de 40 ans, que j’ai fait à 35 ans. Je dois faire quelque chose pour trouver le bonheur. J’ai cherché. J’avais l’idée du chemin alors que je déteste les efforts physiques et la solitude. Je me suis dit : On va voir si je survis. Je suis partie.

SH/ Sur ce chemin, vous trouvez un chemin qui vous ressemblait, vous revenez guérie.

Catherine : Oui je suis partie avec un grand dégoût de l’humanité alors qu’on voudrait l’amour de son prochain. Est-ce que le royaume de Dieu pourrait exister sur terre ? Compostelle c’est une expérience d’humanité, des rencontres incroyables, désintéressées… À moi de faire que ce royaume existe sur terre !

SH/ Vous créez une société de service aux personnes : changement radical au plan professionnel ?

Catherine : avec toujours le goût d’entreprendre, mais un business qui me ressemble, en rendant service aux particuliers et aux dames qui y travaillent : valeurs d’équité, de partage et de respect, de communication… Avec une chartre que tout le monde respecte. L’entreprise marche bien.

SH/ Ladji Dialo ; un parcours assez atypique. Des parents d’origine malienne et musulmans. À 15 ans, la rencontre du Christ à Lourdes.

Ladji : Oui je ne connaissais rien de Jésus et de la Bible. Je connaissais Dieu dans la pratique de prière de mes parents, la tête contre le sol.
Ma religion c’était la bagarre, la violence, les coups de boules, dans la banlieue. Le conflit permanent. J’avais une violence déchaînée, pas de respect des autres, un regard très dur pour tout le monde.
À 15 ans, je pars dans une colo de vacances à 7 km de Lourdes dans les montagnes.
Il y a une chapelle et la nuit, je ne dormais pas et je voyais des jeunes, un par un s’y rendre et y rester 15 minutes. Qu’est ce qu’ils font y faire ?
J’ai décidé d’aller voir. J’ai fini par y aller et j’y ai pris l’attitude que j’avais vue : ils sont légèrement courbés et les mains jointes et ils attendent.
J’ai fait pareil, j’ai attendu, attendu….Au bout d’un moment j’ai ressenti une petite présence dans mon cœur, une petite chaleur et je me sens bien, des larmes viennent, une paix jamais ressentie qui me rejoint dans toute mon histoire, dans ma violence…Là mon cœur commençait à fondre.

De retour à la cité, je ne me suis pas vanté de ce que j’ai vécu… .Je n’allais pas dire à mes parents qu’ils se plantaient.
En rentrant j’ai ouvert la bible et l’histoire de Jésus, et il me parlait à moi.
Dieu n’était plus quelqu’un qui vivait là-haut mais qui te rejoint dans ta vie, maintenant et ce qu’il a fait, je n’avais aucun mal à croire, ce n’est pas une idée, un concept… J’ai cheminé pendant deux trois ans vers le baptême.
Je rentrais du lycée, je me mettais dans ma chambre et je me retrouvais avec le Seigneur, j’ai commencé à trouver mes richesses et aux autres et cela m’a ouvert à la vie.
Même pour les études, j’avais été orienté en première littéraire. J’ai remonté mon niveau avec un prof de français qui m’a aidé ; tous les jeudis matin en me faisant écrire des histoires et entre temps j’ai su que je voulais être comédien.
Mon entourage a vu tout cela et mon témoignage et ils ont accepté.

SH/, / Dans la famille, s’instaure une cohabitation de deux religions et à votre suite deux de vos sœurs ont suivi votre route vers le baptême ?

Ladji :Oui elles ont été touchées elles aussi, ce qui est encore moins facile pour mes parents qui pratiquent leur religion. Mais ma rencontre avec Jésus m’a permis de regarder les gens tels qu’ils sont et je me suis rapproché de la religion musulmane et j’ai appris la patience, la délicatesse et les bonnes attitudes.

Questions à tous

SH/ Vous voyez qu’il y a des chemins qui mènent vers Dieu, qu’ils ne sont pas uniques, qu’ils sont individuels.
La question est posée pour tous : Lorsque le Christ frappe à notre porte, comment est-ce que l’on entend, qu’on reconnaît que c’est lui et comment après, est-on sûr de ne pas se tromper en décidant de suivre la route de Jésus ?

Catherine : pour moi, c’était une évidence que c’était Lui, car mon chemin était de ce côté-là. Je suivais des cours d’éducation religieuse.

SH/Mais est-ce facile de changer d’existence ?

Catherine : Changer, oui c’est facile, mais c’est de garder le cap qui l’est moins, dans la longueur.
Caroline : le chemin n’est pas si compliqué à trouver, mais c’est de garder les pieds dessus qui est très compliqué, on a tendance au premier obstacle à le contourner plutôt que de franchir l’obstacle sur le chemin.
Raphaël : nous avons eu un chemin tout tracé depuis notre enfance, on est sur les rails et à un moment on est sur notre chemin propre, plus celui des autres.
Alors, quand on reçoit des jeunes fiancés et que l’on " prêche " le pardon par exemple, je me suis demandé :" où j’en suis ? ". Il faut remettre l’ouvrage sur le métier donc c’est un chemin de tous les jours. Le mariage, c’est deux ouis pour la vie, pour tous les jours, être ensemble et il faut dire que ce ne sera pas toujours facile. Le couple, c’est formidable ;, mais il faut assumer et avancer…
Ladji : le chemin, c’est facile et pas facile à trouver car la société ne nous aide pas à trouver le chemin, on vit avec des idées, des expériences qui ne nous aident pas à vivre de choses essentielles. On ne peut connaître Dieu si on refuse de combattre, de se sacrifier, on a plein d’empêchements. Le reste c’est se tourner vers Dieu, c’est rester dans le dialogue avec Dieu et ça c’est la prière…

SH/Le regard de l’entourage, des amis, sur vos vies, sur ce chemin choisi, le chemin du Christ…vous tous, vous vous posez la question : comment fait-on pour dire sa foi chrétienne, pour clairement s’identifier en tant que Chrétiens ?

Raphaël : Bonne question ! Au début, Papi et Mamie sont assez contents, mais, vis-à-vis des copains, c’est un peu plus dur de dire nos implications. Finalement on assume, on ne se pose plus la question. Ce n’est pas une démarche pour convertir l’autre…Et les jeunes qui viennent au CPM s’attendent à voir des " grenouilles de bénitiers ". Ils sont étonnés de nous voir " normaux ".
Autre exemple : j’ai changé de travail, il y a trois mois et je l’ai mis sur mon CV : " animateur couple de préparation au mariage ". À l’embauche, la question m’a été posée. C’est quoi ? Et finalement cela crée une ouverture, cela dit que mon encadrement couvre des valeurs de dialogue, de respect dans les rapports humains. Les collègues savent ce que nous faisons aujourd’hui.
Caroline : certaines personnes essayent de batailler, d’attaquer, mais nous nous appliquons à temporiser. Par contre d’autres n’ont pas nos convictions, mais à chaque dialogue, on a l’impression d’avancer dans notre foi… .Maintenant je n’ai plus de mal à dire que je suis catholique pratiquante.
Catherine : je suis fière de dire que je vais à la messe par plaisir.
Pour mon entourage proche : plutôt de l’envie de mes parents et j’essaye de leur faire partager le plus de choses.
Ladji : c’est une très belle question quand on est jeune comme moi, on est pris dans les ambiances, des " réputations et des images de soi " donc dire qu’on est chrétien catholique, c’est en principe difficile.
Voici une anecdote pour mon baptême : mon parrain et ma marraine m’offrent une médaille et une croix. Une amie musulmane du lycée, un jour les voit à mon cou et me demande " qu’est-ce que c’est " en me regardant des pieds à la tête et me dit " tu fais pitié " et là j’avais envie de lui mettre un gros coup de boule, mais je me suis retenu, je n’ai rien dit, mais cela m’avait fait très mal. Quelques mois après, lors d’une soirée, je la retrouve, et en fin de soirée, quelques jeunes refont le monde, parlant de Dieu, des jeunes se greffent et tout le monde en arrive à en parler et elle redemande pourquoi je me suis converti et elle a fini par dire " excuse-moi, je comprends, je respecte ".
Alors quand on est gêné de le dire, posons-nous des questions " qu’est-ce qui me gêne vraiment de le dire ? " N’attendons pas que les autres nous disent comment on croit ! N’attendons pas que les autres disent à notre place des choses déformées. Aujourd’hui, je suis ouvert à la vie, père de famille, je suis bien dans mon métier de comédien, cela me procure de la joie que je veux communiquer aux autres.
Posons-nous des questions et cela deviendra clair pour nous, nous n’aurons plus de gène !

SH/ Comment vaincre ses peurs, ses appréhensions ... Quelles pistes ont les autres invités pour les jeunes, afin qu’ils disent qu’ils étaient aux JMJ d’Hasparren ce week-end ?

Caroline il faut rester soi-même, ne pas se perdre de vue, savoir qui on est !
Raphaël : sortez d’ici en bombant le torse, soyez fiers. Acceptez d’avoir des doutes, échangez sur le sujet !
Catherine : Une question : avez-vous eu du plaisir pendant ces deux jours ? si oui, alors vous pourrez parler du plaisir que des millions de jeunes comme vous ont eu de par le monde aujourd’hui ! c’est formidable de raconter une histoire pareille !

SH/Pour clore le débat : se poser des questions, avoir du plaisir, avoir confiance en soi, ne pas hésiter à témoigner, voilà pas mal de petites pistes que nos invités vous adressent. A vous tous de reprendre la balle au bond et de reprendre votre belle existence d’adolescents !On vous offre pour finir et pour vous remercier d’avoir été aussi attentifs, une chanson de Ladji Dialo.

Texte de la chanson

Ne te laisse pas descendre, ne te laisse pas surprendre,
Confiance, confiance en mon cœur, qui t’attend, qui t’attend

Saisis, saisi la vague qui part, la vague d’espoir
Saisis ton nouveau départ
Attends le rocher au loin
Attends le rocher qui vient, ton rocher de soutien

Écoute le chant de la mer, écoute au fond de cette voix,
C’est moi qui chante pour toi !

Ne te laisse pas descendre, ne te laisse pas surprendre,
Confiance, confiance en mon cœur, qui t’attend, qui t’attend

Regarde, regarde plutôt le ciel,
Regarde comme il t’appelle, regarde comme il t’appelle,
Remonte, remonte vers mon amour
Je te l’offre pour chaque jour de ta vie , pour chaque jour
Choisis avec ton oui, choisi et tout devient oui !
Choisis et tout devient oui !

Ne te laisse pas descendre, ne te laisse pas surprendre,
Confiance, confiance en mon cœur, qui t’attend, qui t’attend

Mes mains, si tu les voyais, met ta main dans ma main
Mon côté si tu le touchais, mets ta main dans mon côté
Mon cœur, mon coeur si tu le savais, mets ton cœur dans mon coeur
Ma joie, ma joie si tu la sentais, prends ma joie , prends ma joie dans ta vie..

Remonte, remonte vers mon amour,
Je te l’offre pour chaque jour, pour chaque jour
Choisis, choisis avec ton oui et tout devient vie

Ne te laisse pas descendre, surprendre, surprendre,
Confiance, confiance en mon amour, pour chaque jour de ta vie
Pour chaque jour, pour chaque jour
Oh viens, viens, viens….