Chrétiens en Monde Rural Réunion à Ger du 31 Janvier 2006

Soirée de témoignages , partages et réflexions sur la vie en monde rural aujourd’hui, suite à une première rencontre du 8 Décembre avec l’abbé Jean Casanave. Débats animé par Paul Bergeret Diacre permanent du monde rural.

Après un tour de table qui permet de mieux se connaitre et constater que plusieurs professions étaient représentées: infirmières, agriculteurs retraités de la fonction publique, cadres et chef d’entreprise et bien d’autres …
Les trois intervenants ;Colette et Jean Louis, Bernard puis Philippe ont décrit leur démarche de vie qui les a conduits à choisir de résider dans notre monde rural.
La priorité de leur choix était : venir vers une qualité de vie plus humaine mais toujours tributaire de la profession exercée puisqu’aujourd’hui la mobilité dans le travail semble indispensable. Ces choix passent par le fait de pouvoir devenir propriétaire terrien et d’édifier ou restaurer la demeure de son choix ( en fonction d’un budget ) .
L’arrivée dans un village bien calme comme ils en rêvaient leurs réservaient certaines surprises : plus de lieu de culte, pas ou peu de vie associative, une position trop à l’écart du bourg fait qu’ils ce sont senti un peu oubliés ; surtout si la famille ne participe pas aux activités basiques du lieu ( les enfants à l’école du village, la vie religieuse inexistante , peu de liens avec les voisins a cause des horaires etc..)

Mais dans l’ensemble avec la complicité des voisins existants ou de nouveaux amis créés au fil des rencontres dans le village et dans les nouvelles paroisses chacun a accepté cette nouvelle vie.
Ce rattachement à la terre et à la nature dont ils rêvaient de retrouver n’était pas si simple.
Pendant les années 70-80 aucun service d’accueil n’existait, mais le bon voisinage lui l’était accueillant ( pèle porc, battères, espérouquères, fêtes de famille , tout était sujet à rencontres et invitations réciproques ). Aujourd’hui, la demande des nouveaux arrivants , toujours plus nombreux dans les zones à sites agréables ( la vue , les axes routiers, les services existants , la proximité des villes :Tarbes ,Lourdes ,Pau ) sont devenus très exigeants , donc quelques structures d’accueil se mettent en place là ou les associations et les municipalités se sentent en prises avec le sujet ; ailleurs les villages deviennent des " dortoirs ".

Les trois intervenants sont unanimes sur le fait qu’ils ont redécouvert, avec leurs enfants, les saisons , les chants d’oiseaux ,le passage des migrateurs , le ciel et ses astres ( plus visibles puisque plus d’espace et moins de pollution lumineuse ) en fin , la vie basique de notre planète que tout un chacun veut protéger ; mais comment ???

Pour positiver quelque peu dans tout ces dédales de déceptions, l’on constate tout de même que la venue vers la terre de plaisir ne faiblit point, l’intégration de tout ce sang neuf semble en bonne voie, pour exemple : lors des vœux des municipalités, invitation des nouvelles familles, invitation à participer à certains travaux d’intérêt général, les barbecue entre voisins.

Mais tous sont unanimes sur le fait qu’il faut créer des animations pour provoquer de nouvelles rencontres, dans les quartiers, les villages et même inter-villages.
Cette intégration si difficile à réaliser nous fait poser plusieurs questions :
Qui doit faire le premier pas vers l’autre ?
Les villages grossissent-ils trop vite ?
Les associations et municipalités pensent-elles aux exigences des nouveaux arrivants ? sont-elles suffisamment formées pour cela ?

Il est reconnu qu’il n’y a surement pas d’idéal d’intégration, mais, quelque fois les structures sont porteuses : l’idéal de vie du village axé sur le relationnel, la mise en commun des recherches d’idées nouvelles créent des liens très solides et durables.

Nous avons fait ensemble le constat que le monde agricole est de plus en plus pris par son travail très mécanisé, que ses horaires ne correspondent pas avec celui des "rurbains" qui le soir reviennent pour le plaisir d’apprécier le " calme " et pour cela n’hésitent pas à bien haut clôturer leur " territoire ".Les informations semblent ne parvenir que par bribes à chacune des parties qui finissent par entrer en conflit.

Il faut donc toujours rechercher le lien qui assemblera l’ancien et le nouveau, exemple : les bulletins municipaux, les circulaires d’info de paroisse ou associatives qui doivent parvenir au plus grand nombre, les réunions d’information pour faire prendre part aux débats sur les sujets communs etc.; mais rien ne remplace le contact direct et respectueux entre les personnes..

Nous retrouverons l’abbé Jean Casanave pour continuer à réfléchir, n’oubliez pas de venir a Ger le mardi 14 mars et le mardi 18 avril 2006 à 20h30 précise, salle paroissiale.

Roger Nippou