La messe en basque retransmise depuis 20 ans sur ETB1

A l'occasion des Journées Chrétiennes de la Communication, zoom sur ces retransmissions...depuis l'église d'ARBONNE.

Depuis 20 ans déjà, les téléspectateurs d’ETB1 Euskal Telebista 1 suivent la diffusion de messes en langue basque sur la télévision basque.
Depuis 20 ans, le chanoine ANDIAZABAL est le fidèle et infatigable correspondant dans le Pays basque Nord de cette émission : dans le diocèse de Bayonne, 9 messes par an sont filmées et retransmises depuis une des églises du Pays basque. 9 messes, soit 3 sites par an choisis pour trois messes consécutives.
Et depuis 20 ans, la retransmission s’est toujours faite depuis une église différente !
Les dernières en date : Masparaute, Ispoure, Saint-Jean-de-Luz et celles de ce mois de janvier : 15-22 et 29 à Arbonne.
Depuis 3 ans, Peio Ospital seconde le chanoine et prend maintenant la relève.

En amont de chaque messe enregistrée, un compte à rebours est lancé :
Trouver les paroisses où la messe est dite en basque, obtenir l’accord du prêtre.
Effectuer les repérages des lieux, rencontrer les habitants, les paroissiens.
Il faut 3 déplacements avant le jour du tournage :
1ère visite avec le réalisateur Kepa Iribari pour le repérage des lieux, de l’église, du village.
2e visite avec les techniciens.
3e visite pour le tournage des images qui serviront aux 3 petits films de 3-4 minutes qui précèdent la messe elle-même. Le premier reprend l’histoire locale, des maisons remarquables…Le second est consacré à l’église, les pierres discoïdales et le 3e traite de l’actualité de la commune, des ressources, des associations. Ce jour-là il faut compter avec la météo, car un tournage sous la pluie n’est pas toujours très agréable ! Surtout lorsque le dimanche de diffusion, il fait grand soleil !

Entre la première et la troisième visite, le Chanoine Andiaza bal et maintenant Peio Ospital mènent des recherches sur l’histoire locale, établissent les constats avec les personnes ressources afin de collecter les informations pour le commentaire de présentation et de lancement de la messe.

Le jour " J " du tournage l’équipe arrive sur place 4 heures avant :
16 personnes : un producteur, un réalisateur, des cadreurs, un l’ingénieur responsable du car régie, des techniciens audio, éclairagistes, des interprètes commentateurs pour la diffusion sur le satellite, des techniciens, chauffeurs, gardien des cars pendant le tournage.
Le tout dans 2 unités mobiles et un camion de matériel.

L’église est éclairée, les caméras mises en place, les câbles relient l’ensemble aux cars régies.
Deux heures avant le tournage, Peio Ospital enregistre avec le réalisateur, le commentaire sur les images montées pour les génériques de présentation.
Tout est en place 1 heure avant le démarrage de l’enregistrement.

Samedi 21 janvier avait lieu à l’église Saint Jean-Baptiste de l’Uhabia à Arbonne le second des 3 tournages.
Les paroissiens eux aussi s’afféraient pendant ce temps : par moins de 60 personnes en comptant les choristes, les personnes pour la liturgie, les enfants de chœur…
La chorale, dirigée par Gérard Ravon, forte de 50 personnes a répété à partir de 18 heures les chants, pour la plupart à 4 voix, avec l’organiste Maïté Biscar.
Le prêtre Andde Iturbide a lui aussi fait les répétitions avec la chorale et à donner ses derniers conseils aux 4 enfants de chœur, 2 filles et 2 garçons, présents ce jour-là.
Deux jeunes lecteurs pour la prière universelle étaient assistés de Mirentxu Apeztegi.
Jean Urkia responsable de l’animation a réglé les derniers préparatifs de lecture.
Même s’il faut absolument se comporter comme si les trois caméras, les micros et les projecteurs n’étaient pas présents, certains aménagements sont toujours nécessaires : le déplacement des lecteurs, l’arrivée du prêtre et des servants d’autel depuis le fond de l’église, le placement du chef de chœur…
Aussi, Peio Ospital prend-il le soin dès 17h30 d’accueillir les paroissiens et de les guider vers les bancs de devant. En effet, sans qu’il soit question de mise en scène, rien de doit choquer l’œil des téléspectateurs, y compris les éventuelles rangées vides des premiers plans ou des galeries dépourvues des hommes qui s’y placent habituellement !

Dans les conditions d'un direct
Vous l’avez compris, la messe n’est pas retransmise en direct le dimanche, cela serait trop aléatoire : panne d’électricité, horaire ou durée de la messe en correspondant pas au créneau… C’est pour cela que la messe est enregistrée la veille.
Par contre, tout est fait dans les conditions du direct : pendant que l’orgue joue un air avant l’entrée du prêtre, le sujet de présentation enregistré est lancé, ce qui permet aux deux interprètes de commencer leurs commentaires soit en espagnol soit en basque pour la diffusion de l’émission sur le satellite Kanal Basko qui ensuite est capté par l’Europe mais aussi et surtout par les Etats-Unis.
Ensuite démarre la messe qui ne doit pas dépasser le créneau de l’heure pour rentrer dans le format de la télévision.
La messe était retransmise sur ETB1 à 11h le dimanche matin, mais depuis quelques mois, à la demande des téléspectateurs, des dessins animés sont à présent programmés à cet horaire. Aussi la messe est passée à 9h00 le matin, et question audience, c’est un peu l’interrogation qui domine car il faut le temps aux téléspectateurs de s’habituer à ce nouveau rendez-vous.

Dans le car régie:
Le réalisateur, Kepa URIBARI, est aux commandes dans le car régie. Pour cette fois, j’ai été autorisée à me placer à ses côtés durant la durée de l’enregistrement.
Tout le montage a lieu dans les conditions du direct : le réalisateur donne les ordres à ses trois cameramen pour les plans qu’il souhaite, par liaison de casque audio et ceux-ci se placent dans les axes et les plans voulus. Les enchaînements entre les plans larges, les gros plans, les zooms arrière, les travellings sont ainsi gérés en montage direct.
Kepa Uribari fait ce travail depuis 16 ans. Tous les samedis, dans le Pays basque Sud et trois fois par ans dans le Pays basque Nord.
Lorsque la première 1/2 est passée, on sent déjà que la tension retombe, tout se passe bien… Puis vient le moment de se donner la paix du Christ, alors dans le cas régie, on se sert aussi la main. Un des techniciens fredonne aussi les airs…
Les cameramen reçoivent les félicitations à travers leurs casques " c’est bien, vas-y continue que cela "…. "fait un zoom sur la Piéta ", " cherche le visage d’un enfant dans l’assemblée ", " fait un gros plan sur les mains de l’organiste ", " attention, ça va être le moment de la consécration, prépare-toi à faire un gros plan sur le prêtre, sur le calice "….
Puis s’achève le 3e quart d’heure, le générique de fin est lancé, on souffle dans le car régie, les interprètes sortent aussi, tout s’est très bien déroulé. Travail de professionnels qui aiment leur métier.
Il faudra encore deux heures pour tout ranger et repartir à Durango…

Sophie Hontaàs SDIC Bayonne

Dans le car régie, deux heures avant le tournage

Enregistrement du sujet de lancement par Peio Ospital
avec le réalisteur Kepa Uribari, devant le prompteur d'images

Dans l'église une heure avant l'enregistrement

Répétition de la Chorale avec Gérard Ravon, chef de Choeur
et Maité Biscar, Organiste de Saint-Laurent d'Arbonne
Caméra placée à gauche de l'autel
L'éclairage 5 minutes avant le début du tournage
caméra placée en haut des galeries, face à l'autel
caméra 3 dans les escaliers, elle ne sera pas dans le champ de la caméra des galeries...
Faire le maximum pour être le plus discrêt possible...
malgré tout les "mandarines" sont des éclairages assez aveuglants!
Le Père Andde Iturbide et les servants d'autel se prêtent volontiers avant l'entrée, à la précision du direct, sous l'impulsion de Peio Ospital.
ça tourne!

Dans le car régie avec le réalisateur et les trois techniciens

L'enregistrement a commencé, sur tous les écrans: les angles de prise de vue des caméra ...
...pour que le réalisateur Kepa IRIBARI fasse son choix
La messe se déroule le plus naturellement possible...
Les mains du réalisateur: par elles passent tous les fondus enchainés, les changments de plans...aucune hésitation possible!
< Jean Urkia, responsable de l'animation lance la première lectrue.
Les servants d'autel sont concentrés et reccueillis... tandis qu'en régie les fondus enchainés sont du plus bel effet >
Pendant l'Alleluia A68: insertions du Christ en Croix sur la Chroale
Ces effets proviennent de cette table de montage et sont effectués en direct au moyen de la manette de droite qui inserre le Christ dans l'image
< Après la Prière Universelle lue par deux petites filles...
... c'est le moment de l'Offertoire, les gros plans sur le Prêtre sont privilégiés, pour bien suggérer l'intimité avec le Christ
Les yeux toujours rivés sur ses écrans, le réalisateur a annoncé à l'équipe...
....qu'il reste encore 1/4 d'heure d'enregistrement . Pour autant la créativité ne baisse pas!
Pendant les dernières minutes du Chant à la Vierge "Aingeru batek Mariari..." un nouveau fondu enchainé ...
...juste avant de lancer le générique de fin d'émission...
L'enregistrement est terminé, il est 20h10, pause en dehors des cars de régie...
...échange avec les traducteurs-commentateurs de l'autre car. Rangement du matériel...
Photos Sophie Hontaàs SDIC-Bayonne
Demandez les photos [email protected]