MIGRANTS - REFUGIÉS

Partage le 10 décembre dernier à la paroisse Saint Vincent de Paul (Bayonne rive droite et Boucau) en vue de la préparation de la célébration du 15 janvier présidée par Mgr Pierre Molères.

Les prénoms ne sont pas communiqués afin de préserver l'anonymat des personnes qui ont le courage de témoinger.

B. vient de la RCA, il a suivi une scolarité à Bangui jusqu’au bac. Il a vécu dans la " grande famille " avec 3 religieuses, leurs voisines, dont sœur COME Servante de Marie d’Anglet. Il participait à l’animation paroissiale.
Venu en France faire des études supérieures à cause de tout ce qu’on leur disait de la France.
D’abord, idée de revenir en RCA, car il y a ses parents. mais il est resté en France parce qu’il a connu Gisèle.
Il souhaite que sa femme et les enfants découvrent le pays et se dit très heureux d’avoir revu sœur COME

B. vient de la TUNISIE. Son père est d’abord venu à St Etienne (Loire). Puis il est venu avec sa famille. C’est la 1e fois qu’il voyait la neige. Ici, il a fait connaissance avec des personnes d’Espagne, du Portugal, du Maroc…

V. vient du RWANDA. Il y est né en 1970 d’un père militaire. Il témoigne du climat politique. Il a quitté le pays en 1994 ; il a essayé d’y revenir…mais il n’a pas pu ; c’était le génocide Tutsis Hutus… "on est tous Rwandais. Moi je suis Hutu"
En 94, il veut continuer les études " gestion d’entreprise ". Mais à lenterrement de son oncle, il se rend compte que tout est bloqué, qui tuait qui ? Qui est militaire, qui ne l’est pas ? Il a quitté la ville pour aller au Zaïre (Congo Kinshasa) avec le désir de revenir continuer les études.
Le danger était partout, on ne donnait plus le nom des parents, car c’était s’exposer. A la mairie de Bayonne, il ne voulait pas donner le nom, mais il a du s’incliner.
Il souhait être héréditaire de son grand père.
Les amis de son père lui ont conseillé de quitter le pays. Caché dans un sac, dans une camionnette, il est parti au Zaïre. Puis il est allé en Ouganda. Il a fait 3 mois de marche en forêt équatoriale pour aller au Congo Brazzaville.
Pourquoi tout ça ? Il a transformé son identité. Dans sa famille il ne manquait de rien. Avec un passeport congolais, il est arrivé au Maroc. La seule possibilité de vivre était de quitter l’Afrique.
A Paris, il s’est livré en disant son identité, ce qu’il avait vécu ; on ne l’a pas cru. Il a été tabassé par la police : " j’étais tabassé par des femmes ! "" Quand mon fils voit un policier, il ne veut pas passer. "Je viens d’obtenir l’asile politique.
Il exprime ses sentiments chaleureux d’avoir pu s’exprimer dans cette rencontre

E. vient du PORTUGAL. Elle est venue sans obstacle. Elle a quitté le pays pour fuir la misère : " mon père a été assassiné pour lui voler la paye "

A. et G.viennet de l'ILE MAURICE. Lui est breton. Il est allé chercher sa femme là-bas. Elle s’est mariée à 35 ans en île Maurice, et est allée vivre en Bretagne.

I. vient de l' ILE MAURICE. Elle est venue avec son mari. Aujourd’hui divorcée, elle ne peut pas repartir là-bas.

E. vient de MARTINIQUE. Chez elle, ils étaient 8 filles et 3 garçons. Elle est la 3e fille. A 24 ans, elle a voulu aller en métropole, pour aider ses parents, leur envoyer de l’argent pour construire la maison.
Elle a travaillé à Pariscomme employée de maison. Sa 1e paye, 1200 F. Elle était heureuse. Elle s’occupait des enfants de sa patronne . Puis elle a rencontré un gars de Castillon la Bataille, où elle a vécu 15 ans puis ensuite à Bordeaux. Elle a 2 filles. Puis il y a eu la maladie de son mari qu’il lui avait cachée. Elle est divorcée avec ses 2 enfants. Avec une assistante sociale elle a pu avoir un appartement à Habas La Plaine, puis a été accueillie à Notre Dame du Refuge avec ses 4 enfants, où elle a été très aidée, particulièrement pour la scolarité de ses enfants.
Elle est allée 2 fois en Martinique où elle a perdu son père et sa mère en quelques mois cette année.

J. vient de la MARTINIQUE. Elle est partie de chez elle, à cause de la situation des parents. Elle a été accueillie par sa tante. Maintenant, elle est mariée à un béarnais, est mère de famille : " je suis militaire ".
J’aimerais rentrer au pays, les enfants sont petits. Je ne suis pas bien.

J P vient d'URUGUAY. Il est originaire du Pays Basque, il s’était marié là-bas avec une italienne, Libertad et avait une fille Margarita. Là-bas c’était la dictature militaire.
Engagé en communauté de base, dans un syndicat et en politique en usine, arrêté, torturé, mis en prison.
En 75, il quitte le pays pour l’ARGENTINE. "Mais pendant la dictature de 76 on disparaissait".
Il vient en France " travailler honnêtement et en liberté " comme réfugié politique ; donc rester tranquille. Et après il a eu les papiers français, il est libre et a pu reprendre des engagements.

A. vient du SENEGAL. Il était dans une région où il y avait l’agriculture et l’élevage… Mais là-bas il y a la sécheresse ! pas de pluie, pas de récolte. En 1978, il a quitté le Sénégal.
Il a préféré venir en France parce qu’il y avait de la famille. A Paris il a aimé le côté " cosmopolite ", toutes les nations. Il a travaillé à Phonogram, mais compression de personnel. Il a fait une formation et à cause de cela, il est venu ici.
PRENDRE CONTACT : je veux prendre contact. Avec SOS Racisme " on a fait une association des musulmans de la côte basque ". A la CSF, il a connu Maïder… j’ai trouvé…

Y. vient de POLOGNE. Il y est né en pleine guerre d’un père français et d’une mère polonaise. C’était l’insurrection à Varsovie. En 1945 ils sont partis en France : 2 semaines de train de Varsovie à Béziers. En 1945-46.. il a survécu
Puis es parents se sont séparés ; il est reparti avec sa mère en Pologne. Il a travaillé : il a payé sa voiture pendant 5 ans avant de l’avoir, et est venu en France avec sa femme, sa mère, où ils ont retrouvé des amis de sa mère. A Carcassonne, en faisant les vendanges, en se serrant la main abîmée par le travail, il a retrouvé son ancien prof de polytechnique qui faisait les vendanges comme lui. Il est ingénieur chimiste. Il a fait plusieurs emplois, et toujours, des suppressions d’effectifs
En 1981, pourquoi est-il parti de Pologne ? " Avec les communistes il fallait dire oui quand on pensait non, c’était le politiquement correct… en France c’est pareil ! "

D. vient du TOGO. Le père de ses enfants était militaire. Elle est entrée en France à St Martin de Seignanx. Elle était seule, sans amis. Aujourd’hui elle est divorcée. Elle est restée quelques temps aux Mouettes. Aujourd’hui elle habite à Mounédé. " J’aime le Togo "

A. vient du Portugal. Elle est venue à cause de la misère, dans la clandestinité.

QUEL ROLE A PU JOUER LA FOI ?

E. de Martinique : Les parents m’ont appris la prière, la prière pour nous aider. Dieu nous aide à nous projeter ailleurs

J.de Martinique a un côté assez religieux. Si on n’a pas d’épreuve, on n’avance pas ; la foi aide à avancer.

V. du Rwanda : idem

Face à un pouvoir anticatholique, ça donne la force. " j’étais en pleine forêt équatoriale, au Congo : nager pour survivre, pas possible, la seule prière que je savais, le " notre Père ".j’ai prié et j’ai eu l’idée de traverser le fleuve, le Zaïre, je me suis débattu… " (un endroit où le fleuve est moins large)

J Pd’Uruguay : " la foi, on a voulu s’insérer ici. On a trouvé des amis par des groupes de réflexion. On s’est dit avec ma femme : on fera le baptême de l’enfant quand on sera intégré dans une communauté chrétienne et au service de la communauté humaine "

B.de Tunisie : " la foi, un guide pour traverser les moments de vide, se retrouver avec soi-même. Il ya une magie pour aller au-delà de nos limites "

G. de RCA : " il a fallu alimenter la foi, la rencontre, rester dans ce milieu qu’on a connu au départ. A Pessac, on a monté une " chorale pour animer la communauté étudiante "

Y.de Pologne : " la communauté m’a aidé à supporter le régime communiste qui n’arrivait pas à maîtriser la situation.
En France à Lyon, la communauté m’a aidé à trouver un appartement… vivre la solidarité "

G. : la foi..elle raconte avoir connu l’ACE et la JOC, et aujourd’hui ses enfants sont en club ; elle explique… Il faut une contribution pour alimenter la foi.

I. de l'’île Maurice. Séparée de son mari. Pendant 7 dimanches j’ai prié pour avoir un appartement, et le 7ème dimanche j’ai trouvé un appartement ! "

A.: le Coran nous dit que les hommes sont frères… il nous aide à aller dans ce sens.

Tous sont heureux d’avoir eu ce lieu de parole et souhaitent que ça se renouvelle.

DOYENNE du BASSIN DE LACQ Paroisses Catholiques du Bassin de Lacq
JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU RÉFUGIÉ

A l'occasion de la Journée mondiale du migrant et du réfugié, le doyenné du Bassin de Lacq organise un temps d'information et d'échange autour de l'immigration.
Qui sont ces immigrés, ces sans-papiers, ces demandeurs d'asile ?" Toute personne est une histoire sacrée... "

Les différents intervenants aborderont, notamment, les réalités de l'immigration, son évolution, les lois et règlements, les enjeux, les moyens d'action....

Cette rencontre aura lieu le samedi 14 janvier 2006, de 15 heures à 18 heures, à la salle paroissiale,
1 rue des gaves à MOURENX.

Ce sera l'occasion d'approcher le problème de l'immigration et de nous interroger sur les réalités de l'immigration autour de nous.

Cette rencontre est ouverte à tous.